Halte à la démolition !


Le projet de construction d’un bâtiment neuf pour l’Office de Tourisme passe par la démolition des bâtiments actuellement existant au 1 et au 3 et 5 de la Place de la Citadelle. La demande de permis de démolition de ces immeubles est en cours.

Or, depuis le 29 juin dernier, un document règlemente les opérations d’architecture et d’urbanisme dans le centre ancien de Blaye, du fait de sa proximité avec la Citadelle, monument historique classé et Patrimoine mondial de l’Unesco. Ce document est le règlement AVAP (Aire de valorisation de l’architecture et du patrimoine). Sur la base d’une lecture attentive de ce document, il nous apparaît que plusieurs points de contradiction peuvent être trouvés entre ses prescriptions et la perspective de destruction des immeubles. Nous avons adressé au Maire de Blaye, compétent pour délivrer le permis, un courrier présentant l’ensemble de ces points de contradiction.

Les éléments contenus dans ce courrier concernent notamment :

– La perspective de la démolition de la façade XIXe de l’ancien Bar du Centre (3 et 5 place de la Citadelle). Cette façade est reconnue comme présentant “un intérêt architectural dans le sens où elle s’inscrit en continuité du patrimoine existant et des ordonnancements classiques des façades avoisinantes”. Or l’art A2.2 du règlement prévoit que la démolition devrait être refusée ou n’être autorisée que ponctuellement “si une partie de cet immeuble ou ensemble bâti est de qualité architecturale manifeste.”

– Le fait que l’hypothèse d’un maintien au moins des façades et des volumes des bâtiments existants ne semble pas avoir été étudié, alors que l’art A2.1 du règlement indique : “Dans un objectif de préservation et mise en valeur du cadre de vie architectural, urbain et paysager, le patrimoine a pour vocation d’être conservé, réhabilité” et mis en valeur en respectant sa structure et son caractère.”

– L’obligation faite, par l’art A2.3.2 du règlement, dans le cas d’un regroupement de parcelles (ce qui est le cas ici) de respecter “le rythme du parcellaire traditionnel” qui peut être par exemple “reconstitué en fractionnant les volumes”. Les esquisses du futur bâtiment ne semblent pas respecter la distinction entre les parcelles actuelles.

– Enfin, la nécessité, pour les “projets en rupture avec l’expression architecturale traditionnelle” d’être soumis à l’avis de CLAVAP (Commission Locale de l’AVAP) sur la base d’une “étude spécifique architecturale, paysagère et historique” que le maître d’œuvre doit fournir. a ce stade, la CLAVAP n’a pas été sollicitée et l’étude n’a pas même été commandée.